lundi 3 mars 2014

Concert : Mike Watt + The Missingmen



 Le 28 février, au Jardin de Verre, Cholet


    Bon, je ne sais plus comment ou par quel clic de mulot, je suis tombé sur cette date de concert de la Bouche à l'Oreille (assoce de Cholet qui m’a permis de voir entre autres Ufomammut et les Burnings Heads de très près !), mais ce fut une sorte de clic miraculeux.

    « Mike Watt, c’est qui ? » Alors, par où commencer ? Ce mec est une légende du Punk Hardcore des Etats Unis et « accessoirement » le bassiste des Stooges. Pour la petite histoire, au milieu des annés 90, il monte avec Jay Mascis (leader de Dinosaur Jr) un groupe de reprise des Stooges. Ce groupe va tellement titiller Scott et Ron Asheton (qui n’ont jamais eu que les Stooges comme réel groupe ! Bon, ils ont quand même cachetonné avec différents punkeux, après que Iggy ait jeté l’éponge avec le groupe suite à l’échec commercial de Raw Power !!), qu'il va devenir carrément la réunion des Stooges avec Iggy remplaçant Jay.
    Mike devient officiellement le bassiste de ce légendaire groupe, Dave Alexander, par la force des choses, ne pouvant reprendre son poste.
   C’est seulement un court résumé de la carrière de cet homme vénéré par de nombreux groupes : les membres de Nirvana, Red Hot, Pearl Jam… y a plein de vidéo sur YT à découvrir et un reportage sur Tracks.

    Bon bref, me voilà parti en petite sauterie avec deux potes, à 5mn de chez moi, voir cette légende vivante (ah ? Je l’ai déjà dit ?)

L’Œillère

    Arrivés sur place à la bourre (L’apéro du vendredi soir + la bouffe avec les copains,  c’est sacré !), le concert de L’Œillère, artiste en solo et Bordelais, vient de commencer. Seul avec sa gratte électroacoustique, il est perché sur la mezzanine avant l’entrée de la salle. Place exotique pour un set exotique aussi. Le mec est habité et sort des putains de sons de sa gratte amplifiés avec l’acoustique de l’entrée du Jardin de Verre. La première bière passe comme une lettre à la poste.

Guess What

    Second groupe et autre trip : Guess What, entre en scène avec costumes et masques, genre secte azimutée ! Tout comme leur musique : un batteur trompettiste ( !?!) et un « homme clavier » qui joue sur un vieux Korg, un petit Casio et qui souffle dans un Melodica. Il en sort de rythmes entrainants et une musique très originale où se mélange rock, calypsos et thèmes orientalisant. Frais ! Un peu long, mais frais !

    Petit intermède de 15mn de l’Œillère qui nous permet de faire un tour au merch bien fournis de musiques qui sortent des sentiers battus (Secret Chiefs 3, Tomahawk, Thugs…)

Mike with Missingmen

    Nous serons une petite 40aine de pelos devant ce concert. Cholet, l’endormie n’est pas ce qu’on peut appeler une ville rock & roll, mais les personnes présentes pourrons dire « j’y étais ! ». Le power trio arrive sur scène et c’est partie pour 45mn de musique Free Rock (comme on dit Free Jazz !). Des montagnes russes, des breaks orgasmiques, une alternance d’ambiances entre chuchotements et explosions telluriques. Difficile de relater ce moment, mais je peux dire que le trip était bon. Les parties s’enchainent, pas de temps morts et jamais de fin de titre pendant ce premier set (en fait ils ont joué en entier leur album Hyphenated-man. Un ensemble de scénettes qui peuvent rappeler le débit d’un Franck Zappa !).


Ron Asheton sur la basse de Mike

    Le charisme de Watt est naturel et sa prestance, elle aussi, légendaire : grimaces, langue souvent sortie et mouvement de balancier sur ses jambes écartées. Lorsque ces premières 45mn se terminent, c’est la surprise ! Je n’ai pas vu le temps passé et j’en redemande encore, comme les autres autour de moi, qui ont tous la banane. Mike est vidé et usé, obligé d’être porté par ses potes.
    Sous les clameurs, les trois ziquos reviennent et c’est reparti pour plus de 15mn non-stop qui verra les premières parties venir taper le bœuf.


Avec Guess What

    Mike Watt lève sa basse et clame: “For the love of Bass ! And now Mister John Coltrane !” et les premières notes de Love Supreme nous arrivent dans les esgourdes ! Putain que s’est bon !!

    Mike ramasse son instrument dans son étui, prend son sac à dos et vient taper la causette et fait l’accolade à ceux qu’il rencontre. Il croise sur son passage le copain Lolo qui vient se faire signer les disques qu’il a topé au merch. Il finira par trinquer avec nous et discutera « In English ». Nous sommes encore sous le coup de ce mémorable concert et nous lui disons merci pour cette belle soirée. Un merci qu’il nous retourne en nous disant, en substance, que ce soir, et globalement en Europe, le public est focalisé sur la musique à la différence des States où il y a toujours des bruits parasites et autres "connards" qui parlent fort.

 Lolo + Watt

    Je suis passé à mon tour, acheter deux skeud des Missingmen et j’ai retrouvé Mike affalé sur une chaise à signer ses disques. Dernier échange avec ce mec cool : « Thanks » qu’il me dit en rendant mes disques signés. Et moi de lui dire : « No thank you, I think you’re a legend ! », lui « Ho ! » surpris et la main sur le cœur. Et moi de renchérir : « Hey, tu as joué avec Scott, Ron et Iggy !! » et il me prend la main et me dit : « Stooges forever !! »

Merci Monsieur pour ce moment qui restera inoubliable.

A bientôt, rockers des villes et des champs !

Arno

samedi 22 février 2014

Disques - Cynic, Stephen Malkmus and The Jicks, Toy, The Limiñanas, Drenge et Sun & Sail Club



Tout d’abord quelques reliquats de 2013, avant le tout frais de cette année.

Sun & Sail Club : Mannequin


    Ça commence avec une petite intro guitare jazz bien inoffensive. Par contre, dès le premier coup de riff de guitare et de batterie, ce n’est plus la même chose

    Sun & Sail Club, c’est quoi, c’est qui ? Une invitation à la plage ? Une bande de surfeurs qui fait de la musique ? Non, rien de tout cela, mais bien plus encore ! Sun & Sail Club, c’est deux ex-Fu Manchu (Bob Balch et Scott Reeder respectivement guitariste chanteur et batteur) et un ex-Kyuss (Scott Reeder, génial bassiste aux pieds nus). Une musique violente et un chant au Vocoder ! 

    Un Objet Musical Non Identifié qui s’inspire de divers univers et c’est eux qui le disent le mieux : « Avant toutes autres choses, cet album est heavy et sombre. Il est inspiré par DEVO, VOIVOD, KRAFTWERK, TORCHE, SLAYER autant qu’il l’a été par ASWAD, JOE PASS et WES MONTGOMERY. Les riffs sont heavy et les vocoders pleins d’harmonies. Je voulais un groove très heavy qui pouvait supporter des harmonies vocales angéliques. Je pense que nous avons réussi cela. »

    Tout est résumé ci-avant : gros riffs gras et rêches avec voix de robots (et évidemment, bien plus couillu que le très mou dernier Daft Punk, si l’on ose la comparaison…)

    Résultat, un disque très addictif, rentre dedans et très original dans la démarche. Les titres brutaux avec ces voix robotisées qui, bizarrement adoucissent le propos ; et trois plages « bossa jazz » plus un titre planant (Im Not Upside Down) pour équilibrer le tout.



Drenge : Drenge 



    Un matin, récemment, dans ma voiture, en allant à Laval pour ma formation (oui, j’ai une vie trépidante ! Je vais à Laval, en Mayenne et je n’ai même pas honte ! Spéciale dédicace pour mes amis Mayennais, je blague hein !), je tombe sur un brûlot qui me fait plus que tendre l’oreille.

    Un coup de « Shazam » et hop, ça me dit : titre Nothing et groupe Drenge. Direct, je me dis qu’il faut absolument que je prenne des infos sur ce groupe ! Deux frangins, du Nord de l’Angleterre qui ont l’air de tellement se faire chier, qu’ils font du bruit comme des dératés.

    Résultat, un excellent disque qui ravira les amateurs de Grunge, Rock Garage et autres duos mythiques de ces dernières années (White Stripes, Black Keys et autres) qui triturent le blues et le rock pour notre plus grand bonheur.
    C’est automatique : ces riffs et cette batterie rentre-dedans, font bouger la tête et taper des pieds.

    Le disque fait plus que tenir la route, avec ces plages qui oscillent entre moins de 2mn et le format 3mn réglementaire. Un titre épique enfonce encore le clou, le formidable Let’s Pretend, qui met le temps né-
cessaire pour monter doucement et exploser dans une sorte de jam bourrée de lave… 




The Limiñanas : Costa Blanca

    Plaisir coupable ! Un disque et surtout un groupe qui a de la classe ! Les perpignanais, couple à la scène comme à la ville, nous livre un disque plein de charme 60’s ! On pense à Gainsbourg et ses ritournelles de l’époque, avec un Talk Over maîtrisé.

    Les paroles sont en français, anglais et même italien. En fait cet album nous sert de machine à remonter le temps ! Au moment des premières mini-jupes, où les filles se trémoussaient sur les mélodies pop.
   Gros succès chez les Anglo-Saxons, nos frenchies nous livrent un disque de rock & roll pétillant et frais. Mettez-vous Alicante dans les oreilles et partez pour un long et beau voyage ! On pense aussi parfois à un autre esthète français de la pop, Bertrand Burgalat, mec malheureux de vivre à notre époque. Trip, trip, trip et grand classe…



Toy : Join The Dots


    Toy est un groupe Anglais qui a sorti son deuxième album en fin d’année dernière. Leur premier effort, éponyme, sorti en 2012, avait titillé la critique et moi-même. Titillé mais pas complètement emballé. Par contre, ce délire psyché qu’est Join The Dots, me sied à donf’.

    Un skeud qui se savoure dans sa globalité et qui, dès le premier titre (Conductor), fait tripper et bouger le cul méchamment. Les guitares sont lumineuses (You Won't Be The Same, quel titre !!). Et les claviers vaporeux plus une basse en caoutchouc, nous enveloppent littéralement.

   Un disque qui parlera aux amateurs des deux dernières bombes du groupe The Horrors (Primary Colours et Skying). Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les membres de Toy sont les potes de ces derniers…



Et du frais, en ce début d’année 2014 qui démarre sous les meilleurs auspices…

Stephen Malkmus and The Jicks : Wig Out at Jagbags


    Nouvel album du grand dégingandé Stephen Malkmus et ses Jicks (neuneus en anglais !). Pour ceux qui débarquent, Malkmus était l’une des têtes pensantes et le chanteur de Pavement (Wowee Zowee !! Je ne m’en remettrai jamais !).

    On retrouve donc ce chant si particulier et ces mélodies bancales mais tapants toujours dans le mille. Pour, les non amateurs de Pavement, je veux vous rassurer : maintenant Malkmus sait jouer plus que correctement de la gratte (Ha, Ha, Ha !!). Tellement bien que dès l’entame du premier titre, ça tricote sévèrement. Il nous gratifie aussi de superbes solos, peu bavards, mais d’une efficacité désarmante et surtout remplis de feeling.

    On passe du meilleur du punk aux balades pop, en passant par des titres limite Metal (Shibboleth, aussi très Pixies !) et autres rocks à la cool avec des trompettes qui montrent le bout de leur nez plusieurs fois durant.
    Bref, un putain d’album fait pour tous les freaks, adorateurs du rock le plus basique, mais non dénué de mélodies.



Cynic : Kindly Bent To Free US


    Alors, Cynic, à la base, c’est du Death Metal !! Bon, là j’en ai perdu la moitié ! Revenez, ici pas de chant Death, mais une sorte de mix entre le Metal et le Prog.

    Groupe américains avec une basse EN-OR-ME qui prend les tripes, un batteur impressionnant de technique et de groove, et un guitariste chanteur qui déverse riffs et solos doigt dans le nez.

    Alors, si vous en avez ma claque des techniciens qui envoient les notes comme des robots et qui, au final, deviennent ennuyeux, vous pouvez aussi rester. Ici, on a de la mélodie et des compos très riches en émotion et en changement d’ambiance. On ne s’emmerde pas une seule seconde et les compos, assez longues, tiennent la route du début à la fin.

    J’avais bien accroché à leur album Traced In Air qui avait encore des stigmates Death, mais avec Kindly Bent To Free Us, j’adhère complètement. Des mélodies qui restent longtemps en tête (Infinite Shapes) et une qualité d’écriture fantastique.


A bientôt, rockers des villes et des champs ! Avec plein de belles sorties à venir...

Arno

lundi 10 février 2014

Kid Karate : suite et fin!!!

Bon t'as raison Arnaud, c'était vraiment une super bonne soirée vendredi dernier, on a eu droit au meilleur de BRMC, et j'avoue qu'en connaissant seulement le premier album, le coté Stones from Altamont puissance mille, c'était bien bon... Mais bon, moi je vais en remettre une couche sur Kid Karate, parce que je suis tombé en amour!!! Mais dur dur de le faire vivre, cet amour là, parce que les deux là, ils ont encore pas sorti un p***** d'album... Alors rien que pour vous, j'ai choppé par ci par là une dizaine de morceaux qui trainent sur le net, et je les ai mit dans un dossier qu'est dispo ... Et comme je suis un peu nul avec Mediafire, ben démerdez vous pour charger les morceaux l'un après l'autre... Ca se mérite!!! Franchement : que du bon, que du pèchu, que du vrai bon rock bien frais!!!! Rien à jeter... Ca promet pour un premier album cet année normalement... Ce message et son lien pourrait très bien s'autodétruire dans les jours à venir, ça dépend du blogmaster Nono, alors profitez en... Anto

dimanche 9 février 2014

Concert : Black Rebel Motorcycle Club - Stereolux

Les Nuits de l'Alligator, 7 février 2014, Stéréolux



    Cadeau de Noël (merci Nico !), ce concert nous offre une virée en famille avec ma petite femme, mes bellz, mes beaufs et les potes Antho et Lolo (+ Cousin Seb présent et surprise d’avant concert. La grande famille quoi !!). Nous avons loupé le premier groupe de cette soirée (Dead Combo) : la plancha/bière d’avant concert, c'est sacré !

Kid Karaté:


    Deux mecs sur scène : un batteur physique et un guitariste qui aime les chorégraphies et qui manie impeccablement les loops et effets. En gros, ils ont l’efficacité des Black Keys et la fougue des White Stripes (certains riffs rappellent le son que Jack a, par exemple sur Blue Orchid !). Le petit plus, ce sont les titres avec un rythme à faire bouger le cul sur le dancefloor, mais jamais dépourvus de riffs bien hard ! On peut aussi y ajouter une très bonne prestance scénique et des passages qui font tripper.
Un groupe à suivre, assurément.

Black Rebel Motorcycle Club:

Peter, Leah et Robert 

    Place au gros morceau de la soirée : Black Rebel Motorcycle Club ! Ou BRMC, pour les intimes.

    Petit aparté : j’ai découvert ce groupe sur un sampler avec le titre Whatever Happened to My Rock 'n' Roll (Punk Song), qui porte très bien son nom d’ailleurs, et ensuite avec le premier album que j’avais ripé à mon beauf Nico (la boucle est bouclée) !
    Ce mélange de Rock sous speed et de Roll sous calmant (un peu shoegaze sur les bords), est le genre de musique que j’aime. Le trip et les gros riffs, mon cocktail préféré…
    J’ai ensuite suivi en pointillé la carrière du groupe (deuxième disque qui enfonce le clou, troisième très roots...) et repris plus sérieusement avec l’excellent Beat The Devil’s Tattoo en 2010 et le Live In London que je conseille fortement ! Moins emballé par le petit dernier, Specter At The Feast (que je suis actuellement en train de réévaluer), je fus plus qu’enthousiasmé à l’annonce de leur venue au Stéréolux.


Robert e(s)t Stone

    Nous y voilà ! La salle maxi est pleine comme un œuf ! Trois générations sont présentes (le groupe a plus de 15 années d’existence), et attendent impatiemment l’arrivée des trois ziquos ! Enfin, Robert, Peter et Leah arrivent sur scène, à travers les fumées. Peter Hayes, clope au bec et guitares Gibson vintages en bandoulière, cool en toutes circonstances ; Robert Levon Been, capuche sur la tête et basse saturée et rutilante, complètement stone ; Leah Shapiro, d’apparence fragile mais très déterminée, derrière les futs.

Beat The Devil's Tattoo

    Un concert grandiose avec des ambiances variées. Robert et Peter s’échangent les instruments, pendant que Leah tient toujours la baraque. Rocks abrasifs, Blues poisseux avec harmonica et bottleneck, titres vaporeux (Jérôme, des « slows » comme ça j’en veux tous les jours !!), tout y passe et ça passe bien.

    L’enchainement Conscience Killer/Spread Your Love ; le rappel acoustique (avec gros plantage de Robert qui ne peut se rappeler des paroles) ; un Whatever Happened to My Rock 'n' Roll attendu ; un Red Eyes And Tears à tomber à la renverse… Autant de passages marquants au milieu de ces presque deux heures de show parfait.

Encore une belle soirée, entouré de proches, avec du très bon son dans les oreilles, que demander de plus ?

See you soon, les rockers !!

Arno