mardi 15 juillet 2014

Prong, Fire! Orchestra et Triggerfinger



Triggerfinger – By Absence Of The Sun:


    Les Belges sont très forts en Rock & Roll ! Encore une fois, la preuve est faite avec Triggerfinger. Trio Stoner, mais pas que ! En effet, on peut déceler dans leur musique, du QOTSA bien rentre dedans, mais aussi l’influences des grands du Rock (voir le très Bowie « from Berlin » Off The Rack). Aussi, le groupe possède un élément qui les démarque de nombreux acteurs du genre : une voix ! Une vraie voix puissante, chaude, une avec du coffre et charnue (qui peut rappeler par moments la voix d’Ian Astbury du Cult)
    Les moments forts du disque sont légions : The Game en intro bien massive ; Perfect Match « dansant » ; By Absence Of The Sun groovy et entrainant ; Big Hole avec son riff bien poisseux ; la hyper puissante Black Panic avec ce passage gras et orgasmique (!!!) à partir du milieu du titre ; ... And There She Was, Lying In The Wait très Stoner/Rock & Roll, Splendor In The Grass zen Classic Rock ; Master Of All Fears dense et sauvage pour bien terminer… bref, je pourrais tous les citer, tellement nous avons ici à faire à un disque de grande qualité (et la production est clinquante !). Enfin, c’est encore un album qui prend du volume au fil des écoutes. Les titres s’imprègnent doucement dans votre tête et ne seront pas prêtes d’en sortir. Grand disque, et pour les gens du coin d’Angers, un groupe à ne pas louper en octobre au Chabada.



Fire! Orchestra - Enter:


    Encore une découverte Grandes Z’oreilles (merci, bande de vils tentateurs) ! Un disque ovni qui brasse tous les genres de musique (Jazz, Rock, Garage Rock, Noise…), qui dézingue toutes barrières et chapelles, composé de 4 parties mais c’est surtout un « ensemble » d’une cinquantaine de minutes qui fait perdre tous ses repères.
    Projet qui comporte une trentaine de musiciens (!!!), Fire ! Orchestra est à la base un trio (Fire !) qui est composé du saxophoniste Mats Gustafsson, Johan Berthling (bassiste) and Andreas Werliin (batteur) et qui forment aussi le projet The Thing.
    Ici on ne sait pas si c’est du live, du studio, de l’impro, de la musique composée (sûrement tout ça à la fois !) et les parties s’enchainent, s’imbriquent entre elles comme par magie. Le seul fil conducteur sera l’intro et la fin du disque où le même thème sera repris. D’ailleurs sur celui-ci, on croit entendre Beth Gibbons (Portishead) chantant dans un petit bouge. Un moment de calme avant la tempête, une vraie explosion des sens avec des entrelacs de voix et d’instruments,  des cris (à la Iggy sous speed), des saxos stridents et complètement « libres », cette rythmique à la fois chaude et froide, des parties entre ambiant et expérimental, en passant par du Noise bien destroy…
    Sensations pas simples à décrire, mais ce disque, bien que difficile à appréhender en peu d’écoutes, me subjugue et m’a complètement retourné !



Prong - Ruining lives:



    Quelle pochette immonde ! Mais !! Mais… ce ne serait pas un trident avec un œil accroché dedans ??
Si si !! Le nouveau disque de Tommy Victor et sa bande. Un Thrash Metal de bon aloi avec riffs tranchants et refrains à chanter. Un album bien furieux (The Barriers et The Book Of Change !!!) qui laisse des traces dans votre cerveau dès la première écoute.
    Ici pas de bidouillages indus comme sur les classiques Cleansing et Rude Awakening, juste des nerfs et la preuve que Victor sait toujours écrire de bonnes chansons.
    Si vous aimez ce genre de musique, vous ne pourrez pas rester indifférents à Turnover, Windows Shut, Remove, Separate Self, Chamber Of Thought (bien violent !) ou le final Limitations And Validations.
Bon la patte Prong est bien là : voir le titre Absence Of Lives ou Self Will Not Riot qui n’auraient pas dépareillé sur les vieux albums.
    Du coup, je suis encore très impressionné par la faculté qu’a Victor pour trouver ces mélodies marquantes avec toujours cette marque de fabrique, et sans jamais lasser. Pas d’originalités notables avec The Ruinning Lives, mais Prong prouve que l’on peut toujours compter sur son Power Thrash pour nous botter le derrière et(/ou) nous faire grimper aux murs.


A bientôt, amis rockers !

Arno

dimanche 13 juillet 2014

Mastodon - Once More Around The Sun



Pochette du CD, intérieure du Vinyle



    Retour des metalleux (thrasheux, progueux !!) d’Atlanta ! Et j’attendais ça depuis un moment. A chaque nouveau skeud du groupe, c'est l'excitation qui prime, Mastodon ne se répétant jamais de disque en disque.
Dès les premières notes de ce nouvel opus, on reconnait la « patte » du combo : son massif et mélodies (très) recherchées. Les mecs bossent et peaufinent leurs œuvres en studio dans les moindres détails.

Troy, Bill, Brann et Brent

    A tout novice du groupe, je lui dirais qu’il faut du temps pour maîtriser complètement un disque de nos quatre zigues. C’est riche : les couches d’instruments peuvent être multiples ; les gars sont de grands musiciens, techniques et virtuoses chacun dans leur domaine ; trois sur quatre chantent (Brann chante superbement sur The Motherload, et sur d’autres titres !) ; les riffs sont plombés (conf le très heavy High Road) ; les breaks et autres changement d’ambiances, nombreux.... Donc, ne pas avoir peur de l’indigestion et si sur les premières écoutes, des passages vous ont accrochés l’oreille, c’est que c’est bon ! Vous êtes prêts.


    Ce dernier disque est la suite logique de The Hunter avec des titres moins longs qu’avant (conf Crack The Skye), mais qui sont un condensé de ce Mastodon est capable de faire. Il est certes plus « noir » et possède plus de plans progressifs que son prédécesseur. On notera que leur qualité d’écriture est intacte depuis leurs débuts. Si la première moitié du disque est de très bon niveau, je trouve que ce disque est encore meilleur par la suite. Original aussi, avec les chœurs à la fin de Aunt Lisa, le refrain "popisant" de Ember City qui tranche avec le reste très puissant et « rèche » du titre.


    Enfin, deux « pièces » de choix avec Halloween et Diamond In The House pour terminer brillamment ce disque. Le premier avec sa partie finale instrumentale de haute volée : solos, riffs entrainant et guitares qui font le barouf en stéréo. Fort !

   Le second à plusieurs caractéristiques particulières. Scott Kelly de Neurosis vient y pousser la « chansonnette » comme une tradition à chaque nouveau disque de Mastodon ! D’habitude, le groupe termine ses disques avec  une chanson beaucoup plus calme ( Joseph Merrick sur Leviathan ; Pendulous Skin sur Blood Mountain ; The Sparrow sur The Hunter), mais là nous avons droit au titre le plus lourd et le plus ample du disque (le plus Neurosis !!) nous laissant complètement lessivés… mais heureux !


Pochette du vinyle

    A bientôt les rockers !

Arno








dimanche 6 juillet 2014

Jack White - Lazaretto




    Jack m’a décontenancé avec la sortie de Blunderbuss en 2012. J’attendais une suite aux White Stripes, mais après une poignée d’année à maltraiter le blues des pionniers, il a voulu faire autre chose. Résultat, je suis passé à côté de ce disque et ce n’est que récemment que je l’ai réévalué ! Plus (quasiment plus) de blues, mais un beau voyage dans la musique Américaine dans tout ce qu’elle a de variétés et une mise en avant d’autres instruments que la seule gratte.
    Lazaretto reprend les choses où Blunderbuss les avait laissés avec ce superbe titre de conclusion qu’était Take Me With You When You Go. Soit un mélange de Rock & Roll, de Bluegrass, un soupçon de Country et surtout, la patte de monsieur White, facilement reconnaissable. Et aussi ces deux groupes bien distincts qui ont chacun leur empreinte : un groupe exclusivement féminin hyper sensuel et un autre masculin, plus rentre dedans.

     Le disque démarre avec Three Womens et toujours ce piano mis en avant, ce  Lap steel, l’harmonica et cette guitare reconnaissable entre toutes. Un titre bien rythmé, parfait pour ouvrir la voix.
     Et Lazaretto déboule à suivre pour vous cueillir. Le premier single (grande idée !!) est le titre parfait : il fait méchamment bouger le boule, taper du pied et secouer la tête (ce riff juste après le break au milieu, ENORME !). Innovation à noter aussi : le chant presque rappé et le violon qui pointe le bout de son nez dans la deuxième partie. Titre simplement parfait qui peut même faire un peu penser à du Rage Against The Machine (n’est-ce pas Bertrand), avec un solo très Tom Morello qui porte pourtant la marque de Jack (voir Icky Thump).


     Retour aux grands espaces avec Temporary Ground, titre ample avec ce violon omniprésent et ce duo avec une voix féminine. Magnifique.
     Ensuite, l’originalité est encore au RDV avec Would You Fight For My Love, ampoulé juste comme il faut, toujours sous la forme d’un duo avec cette voix presque lyrique. Une plage qui prend du volume au fur et à mesure des secondes qui s’égrènent et qui finit en apothéose. Encore une réussite.
     High Ball Stepper est un instrumentale bien puissant et encore très original, avec cette gratte agressive et ses « descentes » de piano. Parfait pour terminer la première face du vinyle.


     Place à un Just On Drink, un bon Rock & Roll bien entrainant où le violon se taille encore la part du lion et toujours ce duo qui fait merveille. Un titre à chanter! « You drink water, I drink gasoline
     Retour du piano dominant sur Alone In My Home, très “académique”, mais très chouette. De même que le calme Entitlement où le Lap Steel et le banjo dominent les « débats » avec le piano. Superbe et une chanson qui donne envie de se taper le grand canyon.
     On revient aux riffs rentre dedans avec That Black Bat Licorice qui fait encore bien bouger le boule. Titre très efficace en moins de quatre minutes.
     I Think I Found The Culprit est encore un titre parfait pour le voyage. Zen et riche : guitares, lap steel, piano, voix mêlées qui montent en plusieurs belles « explosions ». Magnifique ! Encore dans le mille, Jack !
     Les corbeaux nous annoncent une fin de disque très paisible avec Want And Able et un Jack (qui double sa voix) seul avec son piano. Titre qui aurait pu être interprété au temps des 78 tours.

      Bilan général : encore une réussite de Jack White qui livre un disque très homogène et qui est un album parfait pour votre bande son de l’été. Une galette très organique et génialement mixée sans ajout d’effets pour booster le son. Vous pouvez tourner le bouton de volume, sans avoir peur à vos oreilles. (et le CD est vendu aux alentours des 10€ !!!)

     A noter, si vous êtes fan de vinyle, topé ce disque dans ce format ! Il est appelé l’Ultra LP ! Jack s’est amusé à compilé toutes les trouvailles possibles et imaginable sur ce support , avec en vrac :
-la première face qui se lit du centre vers l’extérieur.
-une boucle sans fin qui termine la face
-deux intro différentes pour Just One Drink : une acoustique et l’autre électrique selon le sillon sur lequel vous posez le saphir et qui se rejoignent pour la suite du titre !
-une autre boucle sans fin avec un cri de corbeau.
-deux chansons « cachées » aux centres des deux faces (l’une en 45 tours et l’autre en 78) !
-un hologramme que vous pouvez voir selon un angle très précis.

The Ultra LP en démo

Génialissime !!!

A bientôt, les rockers !!

Arno

jeudi 26 juin 2014

Hellfest 2014



 La Valley

   Quelle joie de retourner sur les terres du métal Clissonais ! Je partais cette année avec l’envie de profiter pleinement du festival, de son site et de voir plus longuement mes connaissances surplace, trouvant, sur le papier, cette nouvelle édition moins pointue, moins à mon goût. C’était évidemment sans compter sur toutes les surprises que réserve le Hellfest, chaque année.

Vendredi :

   Arrivé sur site de bonne heure, première surprise :  le Hellcity Square ! Une place bitumée qui fait le lien entre l’entrée tickets, le Metal Corner, le Metal Market et l’entrée « cathédrale » du festoche, désormais pavée. Déco type Camden Town avec grosse Doc Martens, « fontaine » au milieu, Gorille géant et autres accessoires, avec plusieurs magasins. Après un bref détour sur cette place, une constatation : il y a du monde et il va falloir faire avec pendant ces 3 journées. « Victime » de son succès, le Hellfest est devenu une grosse machine et les 45mn d’attente avant la fouille pour rentrer, est l’un des désagréments de ces changements d’envergure.

Hellcity Square

   Enfin passé la fouille, nous voilà arrivés dans l’enceinte du plus gros rassemblement Metal de France. Les changements sont notables et assez impressionnants : place pavée entre la zone Merch/Bars et les bois du Kingdom Of Muscadet, un « totem » corbeau avec le programme des 3 jours par scène, la grande roue qui a le mérite de faire son « petit » effet (même si pour moi, c’est plus du folklore !), une entrée de la Warzone élargie, un coin bouffe conséquent et aéré… Ça commence bien !

Quelques nouveautés de la déco du Fest

   Direction le stand merch des groupes où un des Japonais nous assomment direct avec son Indus/Techno/Metal (Crossfaith). Le son est massif, mais les claviers sucres me feraient vomir mon petit déjeuner. Sur les conseil de Julien, résident Belge créchant chez cousin Seb, nous basculons vers la Main Stage 2 pour voir le Thrash efficace, mais pas original, de Fueled By Fire. Un pensée pour Vektor qui, un an plus tôt sur la même scène, nous avait purement terrassé.

   Après une petite restauration, retour dans notre fief qu’est la Valley . Le son sera encore de qualité cette année et Royal Thunder, avec sa sexy chanteuse à robe fendue, nous le prouve. Bonne prestation, mais je n’arriverai pas complètement à adhérer à leur Sludge/Stoner trop atmosphérique pour moi à cette heure.

   Retour vers la Main Stage 1 pour aller voir Therapy ?, l’un des groupes de cette édition que je ne voulais sûrement pas louper. Et je ne fus pas déçu : De larges extraits de Troublegum (si t’as pas ce disque dans ta discothèque, t’es fan de Phil Collins !!), deux reprises (Isolation de Joy Division et Breaking The Law du Priest pour brosser dans le sens du poil les moins convaincus !) et d’autres titres bien pêchus adaptés à cette prestation. Le power trio a envoyé le bois et l’entame du concert a mis tout le monde d’accord ! En effet, Knives et Screamager, soit l’intro de leur fabuleux opus, nous cueille sans ménagement.  Le set sera articulé autour des hits que sont Die Laughing, Stop It You’re Killing Me, Misery, Trigger Inside jusqu’au final Nowhere, repris par la foule en délire. Il faut dire que c’est leur plus gros tube, qui à l’époque fut matraqué par toutes les radios, à en devenir plus qu’usant (et à en zapper le titre quand j’écoutais l’album). Une époque (mode vieux con open !) où Fun Radio passait du rock… Là ça passait tranquille. J’espère que nombre de nouveaux convaincus se rueront sur leur discographie fournie et d’une grande qualité. D’ailleurs, j’aurai bien pris dans la gueule une des "gifles" de leur excellent dernier disque.


   Direction Kadavar et là je tombe nez à nez avec mon pote Laurent dont je n’avais pas le portable. Non Lolo, tu ne seras plus seul pendant ces 3 jours…

   Kadavar ! Quelle ampleur prise depuis la dernière fois que je les ai vus !! Moins d’intimité, bien sûr, mais une prestance digne des plus grands ! Le son était excellent et ils ont joués en patrons, piochant dans leurs deux albums forts recommandables. Tente pleine à craquée et foule enjouée. Chapeau les gars !

Kadavar
 
   Par curiosité, la suite sera Sepultura. Grosse gifle avec ce groupe qui ne compte plus les frères Cavallera en son sein, mais qui assure grave sur scène avec un Derrick Green en front man impressionnant. Ça  Thrashe, ça groove à tout va et les extraits de Chaos AD et Roots mettent une partie du  public moins connaisseur, comme moi, dans leur poche. Belle surprise pour ma part, surtout après avoir vu un Max empâté lors d’édition précédentes.

   Près pour la bascule vers la MS1 pour voir le groupe le plus attendu du WE : Iron Maiden. Je n’arrive pas à apprécier leur musique, même si je perçois les qualités de ce groupe. Mais finalement j’ai passé un bon moment, à voir ce gros barnum bien rodé. Les trois guitaristes sont impressionnants mais aussi très (trop) « bavard », Bruce est un énorme show man, mais celui qui m’a le plus impressionné c’est Steve Harris (qui n’était pas là pour nous servir le pain de mie ! Facile et nul, mais j’assume !) qui déborde d’énergie et qui enfile les notes à toute vitesse. Ce fut quand même un moment assez cocasse : avec cousin Seb, nous étions les seuls à ne pas réagir à chaque nouveau morceau alors que tout le monde autour de nous avait au moins une demi-molle…

 Le barnum de Maiden

   Ensuite bascule vers la MS2 pour voir le début de la prestation de Slayer ; Le gros son est envoyé mais je n’ai pas trop l’envie à ce moment précis. Entendre Seasons In The Abyss au loin m’a fait presque regretter de ne pas être resté… Pas de regrets, j’avais bien pris ma claque la dernière fois avec le terrible Lombardo aux fûts et feu Hanneman  à la gratte.

   Fin de journée à la Valley pour voir les excellents Electric Wizard qui vont nous assommer (c’est le mot) avec leur Doom puissant. Le son est dantesque et brasse les tripes ! La prestation sera sans demi-mesure aucune (le bassiste demande même aux ingés de monter encore le son, ce dingue !!) et gâche un peu la perception de leur musique. Malgré ceci, ce fut ENORME !! Moins nuancé que leur formidable concert de 2011, mais grand moment ! Et une question : comment la belle et frêle Lisa peu sortir de sa guitare des sons aussi monstrueux ??

Electric Wizard

Petit tour par la Warzone pour voir quelques titres de Kvelertak. Je trouve la musique excellente, mais la voix plus que braillarde du chanteur nous fait abandonner. Dommage, cette zique est parfaite. Nous finirons la journée au bar du Metal Corner à boire des bières et discuter avec des mecs rencontrés sur place. C'est aussi ça le Hellfest !!

Julien de retour du pit à Sepultura

Avec Lolo et Seb

Samedi :

 
   Journée écourtée pour moi avec kermesse des enfants qui a évolué entre soupe en brique et soupe en poudre.

   Je vais juste arriver pour la sensation du WE, d’après les échos, Clutch ! L’attente due à l’annulation de l’année dernière aura été comblée de fort belle manière. La tente est tellement pleine, qu’il y a une marrée amassée devant la Valley, qui ne peut pas rentrer et je retrouve par hasard les amis Tof et Antho. Les titres du dernier, Earth Rocker, sont taillés pour les stades et la Grange de notre génération, j’ai nommé Electric Worry, fut le point d’orgue de ce concert ! Le son était parfait et Neil Fallon est un front man de haute volée, alternant saillies à la guitare, au micro et notes d’harmonica. Un grand moment comme ce festival sait nous réserver.

   Je resterai dans la zone de la Valley pour être bien placé pour Monster Magnet. Quel plaisir de retrouver Dave Wyndorf et son groupe de Stoner de la première vague. Un Dave qui accuse le poids des années avec une bonne bedaine et quelques cheveux blancs. Mais bon, vu tout ce qu’il s’est mis dans le cornet et l’overdose qui a failli le terrasser en 2006, ça fait du bien de voir ce très charismatique survivant !
   Dire qu’en 1999, aux Eurocks, il était cette bête assoiffée de sexe, affuté dans sa veste sans manche en cuir et mis sur le devant de la scène Metal avec cette tournée en première partie de Metallica. Le bonhomme n’a rien perdu de sa prestance et les titres enchainés ce soir sont un vrai délice : Nod Scene, de nombreux extraits de Dope To Infinity et de Powertrip ! Reprenant sa posture avec les deux majeurs en l’air durant le « I never gonna work, another day in my life » et avec ses effets sur sa voix, Dave fera le complément du mur de guitares qui nous aura été servi ce soir. Encore un grand moment.

   Place à "Aerodupont" sur la MS1 ! Avant de démarrer, la question est : les papys seront-ils en forme ! Il faudra quelques secondes, le premier saut de cabri de Steven et les premières notes de guitares de Joe sur Back In The Saddle, pour savoir que nous allions passer un superbe moment.
Ce qui m’a plu c’est qu’ils ont joué de nombreux extrait de Rocks et Toys In The Attic (Saddle, Rats in The Cellar, Last Child, No More No More, Walk This Way et Sweet Emotion) ! J’aurai juste troqué cette scie de Don’t Wanna Miss a Thing par un Draw The Line de derrière les fagots. Quoique ce fut très marrant de voir de gros dur tatoués, cloutés et barbus chanter ce titre du début à la fin. Sous le metalleux se cache un petit cœur…
   Le show est bien rodé et rien ne dépasse : piano sur l’avancée de scène pour Dream On, confettis sur le final Sweet Emotion… Mais cela tient bien la route et Tyler est déchainé, lui qui n’a pourtant plus le dos potable (lire sa bio) et "j’aurai" droit à trois extraits de Get A Grip (Eat The Rich avec rot à la fin, super ; Cryin’ et Livin On The Edge bien puissant), que j’ai usé jusqu’à la corde lorsque j’étais encore puceau. Courte journée, mais trois concerts pleins !

Aerosmith

Dimanche :

   Dur dur ! Lorsque l’ami François m’a dit la veille « on part dès 9h30 ! », je me suis dit que cette dernière journée de Fest  allait être sportive. Et bien finalement pas tant que ça et ce départ matinal m’a fait découvrir quelques bons groupes.

Une partie du "Royaume"

   Le temps de faire un tour pour présenter le site aux gars (qui ne venaient que pour cette dernière journée), la MS1 est étonnement déjà bien remplie. Surtout pour un dimanche matin ! Dès que la chanteuse de Blue Pills commença à chanter, les poils se dressèrent de suite (n’est-ce pas François ?). Quelle voix ! Le groupe, que je trouvais bien sans plus sur disque, m’a littéralement cueilli durant ce set trop court ! Ils sont jeune (et "belle" !!) et ont toute l’avenir devant eux, s’ils creusent encore leur sillon avec ce Hard Rock teinté de Blues rehaussé par la voix de ce petit bout de femme. La surprise du WE.

Blue Pills

   Décalage vers la MS2 pour voir Scorpion Child, lui aussi friand de ce revival Hard Rock 70’s. Bon moment avec ces Américains qui ont aussi un sacré chanteur rappelant par moment, un Robert Plant de l’âge d’or du Zep. Trente minutes  qui passent vite. Un groupe à suivre, même si pas plus original que les cadors du genre actuels (Graveyard, Kadavar et Witchcraft).

   Pas beaucoup de chemin pour aller voir une vieille connaissance sur la MS1. Lofofora, une valeur sûre en live avec un Reuno désormais un poil bedonnant, mais avec une gouaille intacte. J’ai eu la chance de faire mon premier circle-pit avec Lofo, lors de l’édition 1999 des Eurockéennes. Un moment inoubliable ! Dommage que cette programmation, trop tôt sur l’une des scènes du festoche, ne leur laisse que trente minutes de son. Un son massif et brouillon, mais la grande foule agglutinée a pris méchamment son pied. Point d’orgue de ce show de dingue : l’invitation de Reuno à Maxime Musqua (trublion génial du Petit Journal !) à venir dans le circle-pit !

Une idée de la zone devant Lofo

   Retour devant la MS2 plus clairsemée pour voir l’une de mes attentes de ce Hellfest 2014, In Solitude. Groupe suédois qui fait dans le Metal un poil « théâtral » à la Ghost, mais sans les déguisements. 5mn de set amputés à cause d’une sorte de berceuse introductive à leur concert, c’est ballot. Surtout lorsque l’on a seulement 40mn pour sa prestation. Le son n’est pas tip top, mais les titres joués (tous issus de leur dernier et excellent Sister) rattrapent le coup. Pas le meilleur concert de la journée quand même…

   Petite pause bouffe dans le programme, pour retrouver à l’arrache Anthony (l’homme qui n’aime pas les portables !) et Céline (sa "surprise" du WE !!), pour aller prendre sa claque devant Lowrider à la Valley.  Du bon Stoner qui tâche, effectué par des Suédois qui ont la classe et qui ont sorti leur premier skeud en 2000. Et on dirait encore des jeunots !  La tente est remplie et le public réagit positivement en pogotant, slamant et headbangant à fond, ce qui a eu l’air de surprendre le groupe d’ailleurs. Tout le monde a eu la banane pendant ces trois quart d’heure de très bon son. Une bonne surprise, encore.

Lowrider, pue la classe !

   Je profite du creux dans ma répartition des concerts pour aller faire un tour, pour la première fois, au Metal Market. Les prix n’ont pas baissés depuis les années et la chaleur est étouffante. Choux blanc, mais ce n’est pas bien grave.

   J’ai loupé Black Tusk, parait-il excellent, mais pas House Of The Broken Promises dans la Valley toujours bien remplie. Derrière ce nom, long comme un jour sans pain, se cache différents membres des diverses versions du groupe Unida. Du Rock Stoner bien burné genre Red Fang qui passe comme une lettre à la poste. Pas de grande originalité, mais une efficacité à toute épreuve. Bon moment.

Déguisées, pas déguisées ???

   On ne bouge pas de la Valley, qui en plus d’avoir toujours des groupes de qualité, propose à chaque concert un son parfait (du moins ceux auxquels j'ai assisté !). Nous fument très bien placés pour voir Dozer, encore un groupe Suédois qui assument bien, avec les autres groupes de la Valley de ce jour, la première partie de Unida  qui finira le festival pour la Valley, 4h plus tard. Toujours du Stoner sévèrement burné et servi par un son impec’ !

   Retour à la MS1 pour voir Soungarden qui est fortement attendu aujourd’hui. Ils ne nous décevront pas avec les titres principalement pioché dans Badmotorfinger  et Superunknown et un final avec un Behind The Wheel super heavy. Comme l’ensemble de la prestation d’ailleurs ! Il n’y aura qu’un Black Hole Sun, chanté par toute la foule, et l’excellent Fell On Black Days, pour calmer un peu les esprits. Seul bémol pour ma part, le mix de la batterie et de la basse, trop en avant. Sinon, belle prestation avec un Kim Thayil qui fera vrombir sa guitare jusqu’à la fin, un Cornell en grande forme vocale, un Ben Shepherd visiblement énervé après la technique, basculant ses retours vers nous et le remplaçant de Matt Cameron à la batterie (retenu avec un Pearl Jam certainement plus lucratif !) assurant fort bien ce rôle. Heureux d’avoir pu voir une fois dans ma vie ce groupe très important pour moi, même si une heure c'est hachement trop court...

 Soundgarden
   Attente du Black Sabbath avec Emperor dans les oreilles et sur la MS2 (je zappe donc Spirit Caravan et Unida, mais faut faire un choix !). Pas du tout ma tasse de thé, mais ça avait l’air d’assurer grave dans son style de Metal (Black Metal).
   Alors si l’apothéose pour bon nombre de festivaliers fut la venue de Maiden à cette édition 2014, la présence de cette formation de Black Sabbath est certainement le plus fort aboutissement de ce festival. Je m’explique : Tony, Geezer, Ozzy et Bill sont « responsables » de l’existence de la plupart des groupes qui passent sur le Hellfest. Ils ont inventé en quelques albums le Doom, le Stoner, le Thrash, l’imagerie du Black… et j’en passe.
   Et quel plaisir de voir débouler sur scène, Tony Iommi rescapé d’un cancer qui avait, de fait, repoussé cet évènement l’année dernière, nous laissant avec un Ozzy en piteux état.
   Bonne prestation du groupe en général avec un Tommy Clufetos dans le rôle du remplaçant de Bill Ward (qui n’est pas de la reformation pour de sombres histoires de droits) et du bucheron de service. Geezer et Tony sont statiques mais le son envoyé est démentiel. A ce propos, Tommy est un excellent batteur, mais j’ai quand même regretté la finesse "jazzy" de Bill sur les classiques du groupe.
   War Pigs d’entrée ! Ça c’est fait ! Et en vrac, Chidren Of The Grave, Into The Void, Snowblind, Iron Man, Fairies Wear Boots, Black Sabbath, N.IB., … enfin que du Metal séminal à nous foutre dans les oreilles.

The "Hand of Doom" : Tony Iommi

   Par contre Ozzy reste Ozzy, gueulant 100 fois « I can’t ear you » ou « Put your hands in the air » et faisant bouger le public à chaque fois qu’il s’emmerde, c’est à dire à chaque partie instrumentale. Donc, après avoir vu "mamy" Ozzy trois fois, je peux dire que la coupe est pleine. Il a même réussi à se planter de ton sur God Is Dead, alors que ce titre est sur une tonalité très basse pour qu’il assure derrière (comme d’ailleurs tous le répertoire du groupe désormais !). Au secours !
   Autre point noir, mais ce fut les cas sur tous les concerts des Main Stages, le son. Un mix qui met en avant basse et batterie et qui lasse au bout d’un moment.

Enorme Black Sabbath !

    J’entendrai Paranoid de loin, pour pouvoir être bien placé pour apprécier le set d’Opeth.
   Et je peux vous dire que ce groupe, je l’attendais de pied ferme ! Première fois que je mettais les pieds dans la tente Altar/Temple de cette édition 2014, avec la rumeur que le son était loin d'être top. Et bien je fut doublement comblé : le son fut excellent et la prestation du groupe terrible.
   The Devil's Orchard en entrée finement exécuté et ensuite le retour des growls tant attendu dans cette assistance avec un Heir Apparent in our face. Les regrets principaux seront cette durée de concert trop courte et une place sur une Main Stage qui aurait été parfaite pour ce groupe qui le mérite.
   Enfin, les deux grosses claques en fin de festival, avec un Delivrance brutal à souhait et surtout un magnifique Blackwater Park, me laisseront complètement gaga...

   "The sun sets forever over Blackwater Hellfest Park"

A l'année prochaine

Arno

PS : pas facile de voir tout le monde sur ce site blindé, mais pensée à Sousoup (un jour, on y arrivera), à Reynald (Bah, t'était où ? On t'a pas vu aux soirées !!), à la bande du SOAD France (Party Boy, Foofree, Splotch et Stoof' pas vu du coup ; Jo', Downer, Vyuuse soit les inamovibles du festival !) et aux gars des Grandes Z'oreilles (Joss et Angrom ! Il faut plus de monde du forum l'année prochaine !!).