mardi 14 mai 2019

Metallica, Stade de France 12 mai 2019



Préambule : les extraits vidéos qui suivent sont des vidéos live officielles du groupe (et les photos pourries sont de moi, sauf les mains de Jaymz trouvée sur le net !) ! Volontairement, je n’ai pas pris de vidéos qui pullulent sur YT, de pignoufs qui en ont pris sur place, le bras tendu une partie de la soirée, cassant grave les couilles des gens qui veulent profiter pleinement du concert sans être submergé par ces putains d’écrans de merde ! Si vous êtes concernés et que vous lisez ces lignes, allez tous vous pendre ou vous jeter dans la mer !



J’avais pourtant juré qu’on ne m’y reprendrait plus ! Aller à Paris, voir un concert dans une grande salle ou un stade, des prix de places indécents, un son qui a de fortes chances d’être aléatoire (tout pourri oui !!), se taper des bouchons, les files d’attente pour rentrer, pour pisser, pour manger, des bières à 10€ (compris la caution du verre spécial à 2€ !!!!) … Bref, fuir toutes ces réjouissances ! Puis, vint l’annonce de ce retour de Metallica au SDF, 7 ans après leur première venue pour les 20 piges du Black Album ! Au départ, je me dis que je passe mon tour, bien évidemment ! Mais, c’est Metallica quand même ! LE groupe qui met littéralement des branlées en live. Et, même les ayant vu déjà 4 fois, c’est très séduisant car impossible de les voir dans des enceintes plus réduites vu qu'ils sont trop gros ! Et puis, ils ne viennent toujours pas au Hellfest qui n’attend qu’eux ! Et puis, c’est un dimanche ! Et, pour terminer de, finalement, me convaincre, Ghost est en première partie !

Bokassa :

Bokassa, le groupe dont s’est récemment entiché Lars, arrive à l’heure prévue (18h30). Les 3 norvégiens débarquent sur une immense scène, ce qui n’a pas l’air de les angoisser. Et leur Stoner/Punk sied bien à une première partie des Met’s. On est loin des Kills de la dernière fois… Le son est, il faut le noter pour une première partie des Four Horsemen, parfait et pas trop fort. Là encore, nous sommes loin de la bouillie sonore qu’avait donné la prestation de Gojira. C’est très bon même si un poil monocorde. En tous cas, bonne entrée en matière.



Ghost :

On ne présente plus le groupe Suédois qui ne finit plus de grimper dans la hiérarchie des groupes importants du Metal. J’en voit déjà qui sourient à l’évocation de groupe Metal concernant Ghost ! Et bien, je m’en branle ! Quand on a assisté à cet enfilage de perles Métallisées auquel nous avons eu droit ce dimanche soir, je persiste à dire que c’est bien du Metal que fait Ghost, en ce jour de messe, qui plus est dans cette grande cathédrale qu’est devenue le SDF. Je vous laisse regarder cette setlist adaptée au moment. J’ai kiffé grave pendant Year Zero et grandement rigolé au solo de saxo du patriarche des cardinaux qui en a perdu toute son énergie ! Le Cardinal Copia occupe très bien cette grande scène et ses Ghouls semblent heureux d’être là : eux aussi évoluent sur la scène avancée qui forme le Snake pit, sautent partout et sololisent à tout va. Là encore, le son est exceptionnel ! Grande prestation de ce groupe, qui est clivant et cela c’est clairement vu ce soir : la moitié de l’assistance semble conquise quand l’autre est complètement indifférente ! (D'ailleurs, il est très à la mode de vilipender ce groupe sur le net…). Moi, je n’ai pas boudé mon plaisir !



Metallica :

Les musiques défilent en attendant le gang des 4 de Frisco. Et puis, It’s a long way to the top (if you wanna rock 'n' roll), de qui vous savez, passe dans les enceintes ! C’est le moment ! Le traditionnel extrait du Bon, La brute et le truand avec The Ecstasy of Gold d’Ennio Morricone fini de nous mettre dans le bain ! L’intro sur bande de Hardwire commence et le groupe enquille direct ! C’est brutal mais au niveau du son, parfait ! Comme quoi, cette masse de béton peut quand même bien sonner (je ne sais pas si ceux placés dans le fond du satde avaient un tel niveau sonore !). Placés entre la régie son et l’avant du Snake pit, nous nous retrouvons projetés littéralement, pour finir à 15-20m de la scène. Ça va être bonnard ! The Memory Remain se rappelle à notre bon souvenir ! Les (75000 ???!!!) fans chantent en chœur le refrain et c’est émotionnellement très intense ! Grosse baffe avec un Ride The Lightning parfait qui nous met déjà KO ! Je bande ! Ensuite The God That Failed et The Unforgiven sont enchainés. Deux titres de Hardwired (Here Comes Revenge et Moth Into Flame) montrent que ce dernier disque gagne plus encore à être interprété en live ! 

 
Jaymz nous demande si nous voulons du lourd ! Bien sûr mon pépère ! Sad but True nous assomme proprement (bien que je n’aurais pas été contre un petit Thing That Should Not Be !) ! L’intro du titre suivant nous met la bave aux lèvres : le sublime Welcome Home (Sanitarium), et son final étourdissant, nous laisse pantois. Une petite pause, avec le Doodle de Rob et Kirk, est bien venue ! Et c'est la surprise, avec la reprise de Ma Gueule, de qui vous savez là aussi ! Bon c’était marrant d’avoir le stade complet qui hurle le refrain mais Johnny, putain les mecs ! Après cet égarement, Robert nous fera un petit hommage à Cliff Burton avec des morceaux d’Orion dedans ! Ouf !



Après cette petite pause, baffe dans la tronche avec un Frantic de derrière les fagots ! Que c’est bon cette violence pure ! Ensuite, c’est déroulement habituel de ce début de tournée européenne : l’excellent One avec ses pyrotechnies assez discrètes en comparaison avec les souvenirs que j’ai de mes précédents concerts ; Master of Puppets en entier, toujours autant génial et le public qui chante en chœur ; le classique For Whom the Bell Tolls ; le terrassant Creeping Death, ce titre tue ; et enfin, Seek & Destroy plus sobre qu’à l’accoutumé, ce qui n’est pas pour me déplaire. A noter que Lars est devant le Snake pit, une autre batterie étant sortie comme par magie de l’avancée de scène ! Et le groupe est plus resserré que jamais !


Autre surprise du chef, Spit Out the Bone, titre final et accessoirement le plus speed de Hardwired, nous explose à la gueule. Les dates précédentes, c’était systématiquement Lord of Summer qui débutait le rappel ! Ce changement, là encore, n’est pas pour me déplaire. Ensuite, c’est roue libre et slow qui tue avec Nothing Else Matters. Evidemment j’aurai préféré Battery ou Damage Inc mais cela fait plaisir à l’ensemble du stade (et surtout les couples et les filles !!). Enfin, l’incontournable Enter Sandman termine ces 2h30 de show. Bon, certains (hein Lolo !) trouvent que terminer avec Sandman ramollis un peu la prestation mais, finir par son plus gros hit, n’est pas illogique ! Les Met’s passent un long moment à remercier le public et distribuer des médiators ! Certains en voulaient encore mais c’est réellement bel et bien terminé !

Kirk, Lars, Jaimes et Robert, le devoir accompli !

Nous remontons tranquillement les escaliers du SDF (un peu poussés par la sécurité !) mais réussissons à immortaliser la soirée avec une belle photo de groupe prise par un gars de la sécu qui n’a pas compris grand-chose ! Crevés mais heureux nous descendons au parking récupérer la voiture pour se remettre dans un dernier gros bouchon, avant de quitter le stade.

 Médiator spécial Stade de France 2019

Bémols : 
-5 titres du Black Album, alors qu’on avait eu droit à l’intégralité de celui-ci, sept ans avant dans ce même lieu ! Quand je pense que certains européens ont eu le droit a Disposable Heroes
-Load et Death Magnetic « oubliés ».

Les gros plus :
-passage entre Nothing et Sandman avec gros plan sur les mains de Hetfield qui montre son médiator spécialement gravé pour cette soirée !


-l’écran géant qui donne encore une plus grande impression de gigantisme (et qui est super adapté au lieu pour les gens les plus loin de la scène !), et les petits films et animations qui passent dessus (One) sont sublimes !
-des mecs généreux qui donnent beaucoup et qui privilégient la musique au show total ! Perso, c’est ce que je préfère même si certains auraient préférés plus de gros effets (poupées gonflables, lance-flamme...). La musique au centre du spectacle et pas de chichis !

 
Un excellent tour de chauffe avant le Hellfest dans plus d’un mois !

La bises, les rockeuses et les rockeurs ! A bientôt !

Arno 


Bonus photos :

Ma pomme, fier comme un bar tabac, avant de prendre la claque !

Ce gobelet vaut très cher !!!

Les guerriers de la fosse : Pakal, ma gueule, Seb le viking #1 de Rennes, Lolo, Cousin Seb et Nico le viking #2 de Rennes (et 135kg de charge utile !)

Bonus extra : il y a 7 ans, de retour du Stade de France, avec Lolo nous nous sommes "tapés" une biche en voiture vers 5h du mat' ! Là, juste avant d'entrer dans le parking du stade, la voiture (de Lolo) qui a chauffé avec les embouteillages, nous a fait un coup de calgon avec embrayage "collé" qui empêchait de passer les vitesses... La bise ma poule ! Vivement le prochain !!!

jeudi 4 avril 2019

Come Prima (Alfred), le BD-Concert par Splendor in the Grass

Cholet, Le Jardin de Verre, 3 avril


Tout d'abord, merci à l'ami Cédric qui m'a invité à venir voir ce spectacle assez rare : une BD qui défile et un groupe qui joue la musique composée pour celle-ci en live. Exercice surprenant aux premiers abords mais, finalement, d'une logique implacable. Tous les amateurs de concerts le savent, les images projetées durant un concert peuvent vous emporter très loin. J'avais déjà vu un spectacle de la sorte avec Zenzile qui jouait avec la projection du film Berlin symphonie d'une grande ville (1927), ICI , et ce fut une expérience unique !


J'y suis allé en ne connaissant pas la BD, mais cela n'a pas été un problème. J'ai découvert cette sorte de road movie entre la France et l'Italie avec deux frangins qui se redécouvrent et qui partagent un passé tumultueux, sous forme de chaos familial. Sans en dévoiler trop, au début des années 60, Giovani retrouve son grand frère, Fabio, qu'il n'a pas vu depuis de longue années pour aller disperser les cendres de leur père dans leur village d'origine qui se trouve dans l'Italie. Leurs retrouvailles tout comme leurs voyages sera très mouvementé, avec des flashbacks qui dévoilent peu à peu leurs secrets et leur passé commun.


 Concernant, la BD d'Alfred, l'ambiance et l'humeur du début des années 60, en France comme en Italie, sont très bien dépeintes. Les décors, paysages et les voitures (la vieille Fiat 500 !) sont réussis, d'un trait précis et nous mettent dans le bain de l'époque instantanément. Les flashbacks sont traités d'une autre manière : traits moins appuyés, (souvent) en bi-couleur et souvent sans détails en arrière plan. L'histoire, digne d'un polar de cinéma, est excellente, retranscrivant le charisme des personnages (surtout le chien fou Fabio) au plus juste. Il faut noter le montage visuel de la BD, réalisé par Benjamin Lacquement, qui relie à la perfection la BD et la musique jouée devant nous.

D'ailleurs, côté musique Splendor in the Grass se met au diapason de la BD entre Pop et Rock et quelques passages plus Electro (), moments contemplatifs et autres plus rentre-dedans (certains passages m'ont bien secoués et surpris !). Les arrangements sont luxueux et agrémentés de multiples instruments (mélodica, violons, claviers, basse, batterie, guitares...) et les flashbacks sont "traités" avec le même air qui revient à notre mémoire, les guitares/mandoline renforçant l'évocation de l'Italie. Petit bémol : on est tellement happé par la BD qui défile que l'on ne profite pas assez des musiciens qui jouent en direct.

Bref, le dessin et la musique se marient à merveille et l'on est complètement pris dans cette histoire passionnante et émouvante. Je recommande !

Bises les Rockeuses et Rockeurs au grands cœurs !

Arno

lundi 1 avril 2019

2019 - Bilan des 3 premiers mois

Après 3 mois, il est temps de faire mon petit bilan de mes préférences de ce début d'année ! Go !


-Rival Sons - Feral Roots

Excellent disque ! Un petit moment qu'il n'a pas tourné mais je l'ai beaucoup écouté en ce début d'année et avec énormément de plaisir ! La filiation avec le Zep n'est pas usurpée, mais le groupe a du métier et une patte qui émerge depuis, je dirais, l'énormissime Great Western Walkyrie !
L'album démarre sur les chapeaux de roue avec les 3 premiers titres imparables (Back in the Woods et son intro de batterie bucheronne) ! Ensuite, on a l'impression d'une chute du III de Led Zeppelin (intro de Look Away !) ! Le morceau titre est bien roots (logique !) et l'album toujours pertinent jusqu'au final gospel Shooting Stars ! Les arrangements sont sublimes, avec ces chœurs féminins omniprésents. Une belle réussite !



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-John Garcia - John Garcia and The Band of Gold

Album dont je n'attendais rien mais qu'il le fait grave ! Ce disque apporte de la chaleur et des bons riffs abrasifs à ce début d'année ! Du stoner à la Kyuss qui fait plaisir ! Pas de chichi, que de l'efficace ! Avec The Voice du genre !


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-The Claypool Lennon Delirium - South of Reality

Disque qui révèle multiples merveilles à chaque nouvelle écoute. Le bassiste dingue de Primus et le rejeton Lennon se sont bien trouvés ! Les deux compères livrent, avec ce second disque (+ un EP de reprises excellent), une œuvre sublime de Rock Psychédélique avec des titres à tiroirs. Ils ont assuré (presque) tous les instruments tous les deux ! La basse de Les étant reconnaissable dès les premières secondes, la voix de Sean ressemblant comme deux gouttes d'eau à celle de son père et le, toujours juste, jeu de gratte de ce dernier rendent ce disque incontournable !
C'est inventif, barré, frais et jamais ennuyeux !



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-Rustin Man - Drift Code

Coïncidence bizarre, la sortie de ce disque de l'ancien bassiste de Talk Talk a eu lieu quelques jours avant la mort du génial Mark Hollis ! Il n'y aura plus de nouvelle musique de la part du groupe, mais cette livraison de Paul Webb est un joli cadeau ! Musique délicate et voix qui ressemble à s'y méprendre à Robert Wyatt !
Sensible, précieux, sublime !



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-Balthazar - Fever

Le groupe que j'ai le plus écouté depuis le début de cette année avec leur 4 albums, dont celui-ci, sorti en ce début 2019, qui fait bouger le uque tout seul ! Une découverte grâce à l'ami Cédric (et aussi à Grass Matt des Grandes Zoreilles). J'ai mis le temps mais je suis désormais converti à cet excellent groupe qui nous vient du Plat Pays !




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Bonus de 2018 :



-Full Tone Generator - Valley of the Universe

Découverte tardive de cet excellent disque qui pourrait être la suite inespérée du ... And the Circus Leaves Town de feu Kyuss ! Oui, le chanteur ressemble à s'y méprendre à John Garcia et le batteur possède la frappe de Brant Bjork ! Ah ?!? Mais attendez !! On me dit dans l'oreillette que c'est justement Bjork qui œuvre derrière les fûts ! Putain, ça fait du bien ce disque qui sent le goudron et qui est bardé de riffs abrasifs !

Album écoutable en entier, ici : https://hurricanemusic1.bandcamp.com/album/valley-of-the-universe



Bisous, bisous les rockeuses et rockeurs !

Arno

mercredi 20 mars 2019

Feu! Chatterton, au Chabada à Angers

le 15 mars 2019


Sorti du concert du groupe, en décembre dernier à Nantes, je me précipitais sur le site du Chab' pour prendre des places pour leur future date angevine. Il fallait que Caro voit cela et moi j'étais près à reprendre une autre dose. Nous sommes partis à 6, Les beaufs à qui j'avais bien vendu ce groupe et son rendu live, et Cédric qui emmenait Lia, sa fille de 16 ans très fan, pour son premier concert.

(© Jérome Hurstel)

Brasier, un gars qui slame tout seul avec des boucles de son, assure la première partie. C'est sa première représentation sur scène et c'est bluffant ! Pas fana du genre d'habitude, le mec assure sur des thèmes plus que désabusés et glauques : la monotonie de nos vies, les enfants battus (L'enfant bleu), les migrants, les femmes qui ne peuvent pas enfanter... À la fin du set tu as seulement envie de te prendre mais le "petit" est doué !


La salle est pleine lorsque le groupe déboule sur scène et expédie le "hit" Ginger. Le son est excellent et la salle chaude bouillante. Le show sera complètement différent de Nantes. La setlist composée de 7 titres du premier album, 7 du second  plus À l'aube qui est sur leur premier EP, est très équilibrée et finement répartie. Arthur, toujours autant charismatique, est plus dans la retenue, sauf pour interagir avec le public plus expressif qu'il était à Nantes. Musicalement, j'ai trouvé le groupe plus carré : interaction entre les guitares, rythmique impressionnante (ces lignes de basses ). Les mecs sont heureux d'être sur scène, cela se voit, et sont en totale symbiose.


Pour revenir sur les morceaux joués hier soir, j'ai adoré l'enchaînement de Côte Concorde avec  le Départ, j'ai été surpris (Et très heureux !) qu'ils jouent Bic Médium et kiffé à fond les 4 titres des rappels. Faut dire que, le sublime Souvenir, le vaporeux La Fenêtre et l'hyper dansant, et toujours étiré en concert, la Malinche, c'est du top niveau. D'ailleurs après ce feu d'artifice ils sont repartis et m'ont fait un poil peur, pensant qu'ils n'allaient pas revenir. Mais, un concert de Feu Chatterton! sans Sari D'Orcino, ce ne serait pas complètement un bon concert ! Il y aurait, comme qui dirait, un goût d'inachevé ! Et bien ce fût encore l'apothéose avec ce titre que je considère comme l'un des meilleurs titres français de ces dix dernières années. Ni plus, ni moins !



Grand moment, grand groupe (qui laisse espérer encore de belles choses à l'avenir) ! Caro a kiffé comme moi et Lia, la fille du poto Cédric, qui a vécu un moment qu'elle n'est pas prête d'oublier.

A bientôt pour de nouvelles aventures, les rockeuses et rockeurs !

Arno

lundi 11 mars 2019

The Grand Astoria, mardi 26 février, Scène Michelet, Nantes


Tout d'abord, heureux de revoir Éric et Seb du forum des Grandes Zoreilles ! Vu que le groupe de première partie n'était pas au niveau (du moins, pas intéressant pour nous !), nous avons pu bien discuter autour de bocks de Chouffe avant notre plat de résistance, accompagné des potos Pakal et Lolo.


Pour comparaison avec le concert de 2015 et les souvenirs que j'en ai, j'ai trouvé le groupe encore plus en symbiose ! Kamille, avec son éternelle chemise psychédélique comme tenue de scène, sololise gaiement avec son autre acolyte guitariste. Le bassiste varie les plaisir, entre groove et puissance, tandis que le batteur joue au bûcheron !


Sur un peu plus d'une heure de concert, Kamille a chanté assez peu (quatre titres ?). Comme sa voix n'était pas mis en valeur par la régie son, ce ne fut pas préjudiciable à ce concert. Le groupe à donc privilégié les passages instrumentaux et, il faut le dire, c'est un domaine dans lequel il excelle ! La symbiose, le son et la cohérence de la setlist est parfait. Je n'avais pas écouté, volontairement, d'albums avant le concert ! J'avoue ne pas avoir reconnu nombre de titres. Mais, ce fut mémorable à regarder, ressentir et écouter, avec l'impression que ce moment passe trop vite !


Le succès fut total malgré une audience clairsemée ! Comment un groupe de cette prestance peut il autant "ramer" dans des petites salles ? On paie 10€ pour un concert de cette qualité, je serai prêt à tripler la mise pour voir The Grand Astoria dans une plus grande salle avec de meilleures qualités sonores. Sinon, la Scène Michelet possède une proximité telle que nous pouvons échanger 5mn avec Kamille tout en achetant des CD au merch' ! Pour info, le groupe a trois projets qui attendent des financements pour pouvoir les sortir sur supports physiques....


Allez voir les artistes en live ! C'est souvent excellent et peu cher ! Bises les rockeuses et rockeurs !

Arno

vendredi 1 mars 2019

Mark Hollis et Talk Talk (Hommage)



Un exercice auquel je ne me suis jamais rompu auparavant sur ce blog, même si cela m’a brûlé plus d’une fois les doigts ces dernières années (Bashung, Bowie et tant d’autres) : l’hommage à un artiste. Parce que là, avec la disparition de Mister Hollis, c’est une part de mon enfance jusqu’à aujourd’hui qui est touchée. Et surtout, que j’ai du mal à m’en remettre depuis ce lundi soir où, avant de me coucher, j’ai appris cette terrible nouvelle, sans trop y croire d’ailleurs

Je me souviens de pleins de moments associés à la musique de ce grand monsieur et de son groupe. Tout d’abord, des souvenirs radiophoniques avec It’s my Life et Such a Shame en heavy rotation sur les ondes de l’époque. Souvenirs télévisuels aussi, avec des clips et une pub avec voiture rouge qui « écrivait » sur le sable d’une plage. La musique de ce groupe a toujours été différente : des tubes, dans les années 80 avec des longueurs dépassant allègrement les 3mn autorisées pour passer à la radio. Ou comme, par exemple Such a shame qui ne veut pas se terminer.


Ensuite, comme je l’écrivais sur Rate my music, il y a quelques années pour l’album The Colour of Spring : « Je ne sais toujours pas pourquoi mon père a un jour acheté cette cassette (il ne s'en rappelle plus !), mais il a bien fait ! Cet album tournait en boucle dans la voiture, jusqu'à l'usure fatale un jour. Un disque qui m'a ouvert à d'autres sons, à des instruments bizarres (solos d'harmonica puissant, guitares destroys... et ce n'était que le début !!), à des chants bizarres (chœurs d'enfants pas très justes, chœurs d'églises puissants...), à la voix magnifique d'Hollis et à cette basse chaude. Un disque qui n'a pas vieillit (comme quoi, même pour un album des années 80, c'est possible !) et qui me rappelle les virées familiales en Bretagne, pour voir mes grands-parents. Le temps passait plus vite pendant ces deux heures de Talk Talk. »


Et quel pied de nez à chaque nouvelle sortie. The Color of Spring qui succède aux hits de It’s my life, plus élaboré, différent et novateur (cette contrebasse ; l’harmonica de Feltham qui claque encore aujourd’hui ; ces respirations casse-gueule que sont April 5th ou Chameleon Day ; ces longs morceaux avec des passages répétitifs (le début de Happiness is easy) …


J’ai pris mon temps à écouter et découvrir la suite. Pour Spirit of Eden, c’est avec mon poto Anthony qu’on refaisait le monde en l’écoutant dans sa chambre, des après-midi entiers. Des disques avec des pochettes qui intriguaient ! Combien de temps j’ai pu décortiquer ces dessins (encore maintenant, quand je pose le disque sur la platine, je pars avec ces illustrations). Je lisais ces derniers jours, un article qui parlait d’album en avance sur son temps pour évoquer Spirit of Eden. C’est vrai ! Il est encore plus exigeant : longs titres planants, ou tristes, ou les deux, gorgés de grâce ! J’ai acheté ce disque chez un soldeur à Angers, heureux de ma trouvaille à pas cher et reprenant une claque en redécouvrant cette fabuleuse musique (et ces instruments qui étaient différents : les hautbois, les cordes…)



J’ai trouvé la cassette de Laughing Stock dans un bac à point d’exclamation jaune, au milieu des années 90. Là encore, je fus instantanément happé par l’album, cette voix toujours plus surprenante (presque méconnaissable sur Myrrhman, les dissonances dans des titres calmes et apaisés (cette guitare acérée qui « malmène » After the flood pendant une minute, les riffs lourds sur Ascension Day), ces silences toujours aussi importants que les notes placées méthodiquement et avec parcimonie. Délicat mais bousculant, gracieux mais aussi glaçant. Ces deux disques ont souvent été mes disques des redescentes de soirées, des fins de fêtes, des moments apaisants après la cohue, des périodes tristes, des moments pour se retrouver seul avec soi-même… Des disques importants donc, des œuvres intemporelles gravées en soi. Chaque note de piano égrenée, chaque glissé de doigts sur des cordes, chaque coup sec sur la caisse claire est important ! Je pense que Talk Talk m’a permis d’apprécier des musiques plus « difficiles » et élaborées, en rendant (transformant) sa musique plus complexe. En effet, pas de Talk Talk, peut-être pas de découverte de Can, de Radiohead, d’artiste récents comme Ryley Walker dont j’ai vu une représentation Talk Talkienne à Nantes il y a un couple d’années … Voir, ces mots si justes de différents artistes à propos de Mark (et Talk Talk) et son influence : ICI




Pour l’album solo de Mark, que je lorgnais lors de sa sortie sur la borne « les disques du mois » de l’ancien Dixie Disque de Cholet (mais sans l’acheter), je l’ai acquis quelques années plus tard en occase sur le net. Un disque comme ceci ne s’achète pas à la légère et se mérite. Et surtout, il faut oser et être prêt à l’expérience. J’étais seul à apprécier cette musique toujours plus exigeante. Avec ce disque, la notion de temps est encore plus abstraite, les éléments se mettant en place progressivement (les 3 premières minutes de A life (1895-1915), et ensuite c’est carrément l’extase !). La voix de Mark se fait fragile et toujours autant touchante.


Voilà, c’est pour toutes ces raisons que sa disparition me bouleverse et me marque. Et que j’écoute ces (ses) disques sans jamais me lasser, étant toujours chamboulé après ces nombreuses écoutes. Je peux dire sans retenue que ce groupe, cette voix, ce mec ont changé ma vie. Moi, tout seul avec cette formidable musique, quel plaisir solitaire et quel pied ! Happiness is easy !

La bises !

Arno