lundi 23 octobre 2023

Accord de Puissance (Festival), Foirail

 ... Chemillé (49), le 14 octobre

On ne change pas de rythme ! Octobre 2023 est la saison des feuilles qui tombent ! Pour moi ce sont plutôt les concerts qui tombent et s'accumulent ! Cette fois, c'est la première de l'Accord de Puissance (Power Chords en français !?!), le projet monté par mon copain de 20ans désormais, Antoine ! Un passionné de musique qui s'est lancé dans le grand bain des festivals avec d'autres potes motivés ! Nous voici donc au Foirail dans cette ville hautement Rock & Roll qu'est Chemillé (ou Lys-Haut-Layon). Bien évidement, cette dernière phrase est une blague !

EX HEN

EX HEN ouvre le bal de cette première édition ! Du Rock chanté à majeure partie en français, très sombre avec quelques poussées métalliques ! J'ai bien aimé cette musique habitée, aride souvent. Une musique avec de textes qui bousculent et un chanteur charismatique ! Idéal pour lancer cette soirée ! J'ai écouté l'album depuis et je n'ai pas été autant emballé que cette prestation en live ! Un groupe à voir en vrai, donc ! A noter que le batteur est aussi batteur chez Mobütu qui jouera en fin de soirée.

Beastly

Ensuite c'est Beastly, le groupe que j'ai découvert cette été parce que mon poto Antoine qui, en plus de penser que groupe angevin instrumental allait me plaire, m'avait demandé de faire un petite chronique pour le festival. La voici :

"Beastly - Mayabunder 

Groupe angevin (en partie), qui a sorti en février une bombe Stoner/Fusion qui fait grand bien aux oreilles ! Un cocktail chatoyant pour les quarantenaires dont je fais parti ! Pourquoi ? Parce qu'un mélange de Stoner bien bourrin (intro de Glaise qui rappelle Karma to Burn ; d'autres parties éthérées qui rappellent Elder ; encore d'autres bien badass qui vous rappelleront les cadors du genre) mélangé avec des parties Funky comme savait le faire les Red Hot de la grande époque, ou un Primus toujours à l'heure actuel, c'est plutôt rare à entendre ! Si vous y ajoutez quelques soupçons de Hardcore brutal à la Helmet (TMTC - Part 1) ou plus mélodique à la Quicksand (pas mal de passages m'y font penser sur ces différents titres à tiroirs !), c'est le pied ! Il y a même un saxo free sur le dernier titre !
Je mets au défit quiconque de ne pas taper des pieds ou bouger de la tête durant ces 42mn de musique passionnante ! La batterie est puissante et groovy, les guitares tantôt tranchantes avec des effets intéressants (à la Morello, effets de Whamy  sur Planet Food à la Gojira...), tantôt reptilienne et une basse assez funky pour faire bouger le cul tout seul !
Et ces titres de morceaux énigmatiques (Planet Food, Turbo DD, Glaise...). D'ailleurs, j'ai hâte d'entendre Sphincter malicieux (je crois que c'est le morceau que je préfère !) sur scène !
Un disque (et un groupe) très prometteur !" 

Pour aller écouter le disque c'est là : https://beastly.bandcamp.com/album/mayabunder
 
Le look hyper stylé du bassiste de Beastly
 
Autant vous dire que ce groupe je l'attendais de pied ferme ! Et je n'ai pas été déçu ! Ils ont joué 3 jams (improvisations qui partent dans tous les sens !) et 3 morceaux du disque ! C'est bordélique, ça ne retombe pas toujours tout à fait sur ses jambes ("Normalement ces deux titres devaient s'enchainer mais nous n'y sommes pas arrivés !"), mais purée qu'est-ce que ça joue ! Je pense qu'ils ont du perdre pas mal de personnes dans l'auditoire, leur musique étant instrumentale, basée sur des jams, avec des breaks et changements de rythmes incessants ! Et avec un problème technique de pédale (la Turbo Dédé pendant le morceau... Turbo Dédé !) qui ajoute au bordel ambiant. Moi, j'ai kiffé à fond ! J'ajouterai même qu'il y a la folie de Zappa dans leurs compos ! Des branleurs talentueux qu'il faut absolument suivre et aller voir dans nos contrées !

TOXXIC TV

Le festoche est une première mais l'organisation est déjà au top : les enchainements des concerts sont réglés en une 15aine de minutes ! Viens ensuite TOXXIC TV, groupe de Punk Rock ! Je découvrais sur scène n'ayant pas écouté la moindre note et ayant peur de me retrouver devant un énième groupe de Punk à roulette sans âme ! Non, c'est plus varié que du poum tchac étalé au mètre linéaire ! Une basse très présente, tantot chaloupée tantôt aggressive ; un batteur /chanteur qui assure tranquille alors que le rythme est souvent très rapide ; un guitariste qui envoie du Power Chord (c'est l'endroit ou jamais !) au taquet ! Une excellente "recette" qui m'a beaucoup fait penser aux géniaux Burning Heads (groupe vénéré par le sieur Antoine ! Un hasard de programmation ? Je ne pense pas ! ;) ), ce qui est un gage de qualité pour ma part !

Mobütu on fire !

Enfin, Mobütu envahi la scène ! Ah, Mobütu, les Motörhead de Fontenay le Comte ! Je les avais vu au 1er Mauges Pit Fest l'année passée et, avec mon Lolo, nous avions été conquis, giflés et insultés mais nous avions aimé ça, masos que nous sommes ! Ce soir, c'est déferlement de basse saturée par Mäturin Kilmister, de soli inspirés de la part de Fast Chärles Clarke et de roulements de toms du Philthy Animal Sëb fatigué en fin de set ! Ça déconne (toujours !) mais ça n'en met pas une à côté ! Le niveau technique, sonore et le charisme sont très élevés ! Un titre comme FLC rock n'roll city donnerai presque envie de déménager dans le sud Vendée ! Bref, on a pas vu le temps passé et on en voulait encore !

Le bilan ? Une première très encourageante avec 4 groupes de qualité, de styles variés qui ont semblé bien apprécier l'organisation, le lieu et l'ambiance malgré la faible assistance ! Oui, les organisateurs rentrent tout juste dans leurs frais mais cette première est très prometteuse et les gars sont motivés comme jamais ! Avoir une telle soirée, avec 4 excellents groupes le tout pour 16 pauvres euros, c'est assez inespéré dans nos contrées. Sachant que le Mauges Pit Fest II est en déficit, il faudrait quand même que les gens (les mêmes qui seront les premiers à dire qu'il n'y a jamais rien près de chez eux !) se bougent leurs petits cul et participent à ces évènements qui méritent du soutien ! 

A bons entendeurs, les rockeuses et les rockeurs !

Arno




vendredi 20 octobre 2023

Nebula, Black Shelter

 ...Carquefou, le 11 octobre


Virée dans un Pub, près de Nantes, pour voir une légende du Stoner Rock : Nebula ! Le groupe de Eddie Glass qui, à l'origine avec Ruben Romano, a créé Nebula en cission de Fu Manchu ! Ruben est parti, mais Eddie fait/gratte toujours un Fuzz Rock entre Hardcore et Blues ! Petite salle mais rassemblement de connaisseurs pour accueillir le groupe de première partie, Greyborn !

Un groupe de Stoner de Limoges ! Le son est fort, ample et puissant à la fois ! C'est du miel pour les oreilles du public présent sur place ! Énormes Riffs, une basse saturée très présente et un batteur/chanteur bien bûcheron ! Mis à part un petit coup de mou au milieu du set, avec deux titres plus lents mais non-moins intéressants, c'est du haut niveau ! Belle prestation !

Le trio Nebula monte sur scène pour faire la balance ! Le son scotche ! On va manger sévère ! Eddie bidouille sa gratte de longues minutes, fait des signes à la régie. tout semble calé lorsqu'il part dans un solo qu'on pense être encore un test de son. Mais, déboule le riff introductif de Giant et c'est parti ! Il aura surpris tout le monde, qui n'était pas vraiment prêt : la lumière s'éteint, le groupe se met en place et Eddie place ses premières paroles face au micro ! Inaudibles ! Oui, la guitare était impeccablement réglée mais pas le micro ! Pas bien grave, le titre étant suffisamment "charpenté" pour gérer sans paroles !

Le trio est solide, c'est le moins que l'on puisse dire ! En plus d'un Eddie lunaire mais impeccable à la gratte, Michael Amster est une véritable machine à la batterie et Ranch Sironi fait bien mieux que le job à la basse ! C'est carré et en totale symbiose ! Et l'on voit bien que le duo rythmique est complètement à l'affut du barré patron ! On a du mal à comprendre ses maigres grommellements entre les morceaux, et les démarrages des titres sont assez chaotiques. Mais, vu l'ancienneté du bougre ça passe crème ! les titres s'enchainent et le groupe, qui au départ ne devait jouer qu'environ une heure, joue facile une demi-heure de rab ! Une anecdote : ce batteur est tellement puissant que sa grosse caisse, calée avec un fût de bière et 3 gros pavés, est toujours en train de glisser sur la scène !

Une soirée comme on les aime ! Des riffs maousses, du Fuzz et des bières ! tout ça pour 15 malheureux euros... Info bien sympathique, le groupe sort un live de sa tournée européenne 2023 le vendredi 27 octobre ! Cool !!!

A bientôt les stoneuses et stoners de l'ouest et des autres contrées !

Arno

 

Mauges Pit Fest, Salle Thomas Dupouet

 ... St Macaire en Mauges, le 7 octobre

Une grande soirée à St Macaire-en-Mauges avec du Hardcore, du Glam, du Psychobilly, du Metal Indus et Knuckle Head au dessus de la mêlée ! Quel son, quelle prestation, quelle énorme branlée ! Un mini Hellfest à 2mn de la maison ! Top ! Une occasion de se retrouver avec les potos de Festoches et de concerts ! Après nous être rassemblés autour d'une table avec un repas frugal (Tu parles !!) et peu arrosé (Tu parles bis !), nous arrivons à la salle qui accueil ce festival pour le set de Sweet & Needles. Du Hard Rock efficace devant un public clairsemé ! Il fait beau, les gens n'ont peut-être pas voulus se terrer dans une salle ! Dommage pour les organisateurs, tant pis pour ceux qui ont loupé ça !

 

Ce soir, il y an aura pour tous les goûts :


Harsh, Glam pas completement Glam mais bien Heavy, finalement pas dégueux !


Kryptonix, Psychobilly sympathique les premiers morceaux puis lassant rapidement !

SHAÂRGHOT, Metal Indus très impressionnant visuellement (déco Mad Max, tous les membres peinturlurés en noir, musique violente...) mais manquant de finesse, enfin... du nuances je trouve !

Mais question classe et barre très haute, c'est Knuckle Head qui se pose là ! On passe d'un coup au niveau du dessus ! Le son est fort et limpide, l'impression de puissance est très présent malgré qu'ils ne soient que 2 sur scène ! Et les compos ! Nous avons à faire à un groupe qui sait écrire des chansons, des riffs et des paroles mémorisables ! Les deux derniers albums (II et  Holsters & Rituals) se taillent la part du lion et c'est bon ! 

Du Dark Folk ?!? Ouais, plutôt du Rock & Roll bien Heavy, bien Stoner qui décoiffe ! Des riffs biens roots qui te font taper du pied et bouger la tête ! Un prestance incroyable ! Ça bouge, ça pose, ça défouraille sévère ! Ces mecs puent la classe...


Le temps passe vite ! Trop ! Les gars reviennent ! Ils ont le droit de dépasser le temps imparti et ils revisitent façon badass Depeche Mode et son Personnal Jesus ! État de grâce ! Et puis, ces deux gars sont cool et accessible ! Après le concert, on refera le monde avec eux fort de moult discussions, les gars nous disant qu'ils gèrent tout eux même de A à Z, de la musique à tous les à côtés (promotion, art, gestion des concert, production...). Chapeau les mecs ! Un nouvel album est même dans les tuyaux ! Espéreront qu'il soit encore aussi jouissif que les précédents !




Bises les rockeuses et rockeurs des Mauges et d'ailleurs...

Arno



vendredi 13 octobre 2023

Blood Red Shes, Stéreolux

 ...Salle Micro, Nantes, le 6 octobre

Blood Red Shoes ! Un duo anglais, couple sur scène comme à la ville ! Une guitare + une batterie ! Efficacité maximale sans superflu ! Et un de ces sons de porc ! Énorme BRANLÉE dans notre mouille ! le groupe avait annulé sa tournée 2022 brusquement et j'avais été super déçu moi qui les suit depuis 2014 et l'impeccable album Blood Red Shoes ! J'avais kiffé les albums précédents, distillant un Garage Rock assez furieux, échaudé par les deux suivants qui suivait la mode sauce années 80 avec plus de claviers et j'ai été reboosté avec le EP Ø qui revenait aux sources du Rock le plus badass ! Donc, à l'annonce de la tournée 2023 j'ai réalisé un exercice de non-réflexion en prenant deux places ! Me voilà avec mon poto de lycée Lolo (avec qui j'ai vu, il y a de longues années, la première tournées des Foo Fighters à St Herblain ! Terrible souvenir !). Cette date est complète depuis longtemps...
 
CIEL
 
La première partie est assurée par CIEL, groupe anglais à tendance Shoegaze, emmené par une chanteuse/bassiste bien sympathique ! Sympa, c'est bien le mot, mais l'intérêt retombe vite. La faute au manque de mélodies accrocheuse et à rythme mid-tempo qui me perd ! Le son est bon et bien ample ! Mais, rien à voir avec ce qui va suivre !
 

Oui, la suite c'est un couple sur scène qui bastonne sévère avec un son qui blaste ! la sublime et mystérieuse Laura-Mary Carter à la guitare et aux chant/chœurs et le blondinet mais bûcheron Steven Ansell à la batterie et lui aussi aux chant/chœurs ! Elle navigue entre son pied de micro face à nous et le devant de la batterie de son homme comme pour garder cette communion musicale qui les anime ! Lui est tourné de côté et tourne la tête vers nous dès qu'il chante, bondissant sur son tabouret et encourageant sa belle ! Le son de la gratte te colle au mur tandis que la batterie t'aplati contre ! Comment ces deux seuls musiciens peuvent-ils avoir un son aussi puissant (et sans basse !) ? C'est bluffant et jouissif !
 

Les hits s'enchainent à une vitesse folle ! Nous avons le droit au meilleur des premiers disques (An Animal, génial !) et à la crème des derniers (Water, puissant !). Le duo est en totale symbiose et assure une puissance de feu : même sur le titre joué avec le groupe de 1ère partie (CIEL) il écrase la "concurrence" ! Impressionnant et addictif, cela passe trop vite ! Le public bouillonne et fini exsangue, le sourire aux lèvres ! Master-class des Britons qui nous ont tous envouté ce soir ! 
 

A bientôt les Garage rockeuses et rockeurs !

Arno

Baxter Dury, Stereolux

... Grande Scène, Nantes, le 5 octobre 

J'avoue, j'ai été un grand fan de Baxter en découvrant Happy Soup. J'ai trouvé excellent les albums précédents ce disque, adoré It,s a Pleasure, un peu moins Prince of Tears jusqu'à décrocher avec les 2 derniers ! J'avais une grande envie de le voir sur scène, faire sa Pop déglinguée à base de talk over et de chœurs féminins toujours omniprésents. Une sorte de Serge Gainsbourg moderne anglais (il en est un fan assumé !), qui cabotine et qui est capable de pondre des petits hits sexy à chanter sous la douche. Dès que j'ai vu qu'il apparaissait dans la programmation du Stereolux, j'ai pris rapidement mes places (il fait souvent salle comble !), non sans une certaine appréhension !

Ttrruuces

Première partie avec le groupe franco anglais Ttrruuces et excellente surprise avec ce quintette à majorité féminin, guitare, basse, batterie, violon et une chanteuse sexy pleine de pep's ! Pop, Rock, Disco, quelques notes Celtiques et une pêche d'enfer ! Ça faisait longtemps que j'avais vu un groupe de première partie où le temps passe trop vite sans que tu ne regardes ta montre toutes les 5mn ! Un groupe avec un fort potentiel, des chansons entêtantes et une belle prestance scénique ! À suivre assurément !


Vient ensuite le dandy Baxter en groupe réduit mais efficace : un batteur qui joue sur une batterie électronique, mais aussi sur une batterie "normale", très efficace ; Fabienne Debarre, jolie française, discrète mais terriblement importante dans l'univers de Dury, les voix féminines étant toujours omniprésentes, aux voix et aux claviers et remplaçante de luxe de Madeleine Hart qui chante sur les "vieux" disques de Baxter ; un bassiste/guitariste qui joue très bien de ses instruments, sous une influence Gainsgourgienne des plus sympathique ! Le boss, cabotine comme attendu, surjoue le dandysme, effectue des chorégraphies foutraques, gueule (quand il ne parle pas sur la musique) comme un chanteur Post Punk à la mode ! Ce décorum à moité foutraque et branlant tient, de façon surprenante, la baraque ! Grace aux mélodies simples à retenir (et à chanter !) comme Miami, Pleasure, Palm Trees... ou d'autres mélancoliques comme le sublime Happy Soup !


Finalement mes craintes se sont rapidement effacées, j'ai commencé à bouger mon luc même sur les derniers titres finalement diablement addictifs ! Je ne pense pas que sur disque j'apprécierais autant, mais là c'est passé crème ! La seul chose que je reproche c'est qu'il aurait fallu avoir un autre musicien pour épauler le groupe à la guitare ou/et à la basse ! En effet, cela fait bizarre d'entendre une sublime ligne de basse alors qu'il n'y a qu'une guitare d'empoignée. Idem, lorsque le bassiste joue sa ligne de basse caoutchouc et que le gimmick de gratte surgi comme par miracle ! C'est troublant et, pour l'amateur de zique que je suis, un peu dérangeant ! Mais à par cela, Dury assure comme un chef dans son rôle de Gourou/Prêcheur et le groupe est soudé autour de lui !


Content d'avoir enfin vu ce bougre ! Ainsi s'achève le premier compte rendu de mon marathon de concerts automnaux ! A très très bientôt les rockeuses et rockeurs dandys !

Arno

samedi 2 septembre 2023

King Gizzard And The Lizard Wizard à la Rochelle

... le 30 août à la Sirène, 



J'ai découvert le groupe avec l'excellent disque I'm In Your Mind Fuzz ! J'étais accro au Garage Rock de Ty Segall et des Oh Sees et ce "petit" groupe me faisait de l'œil avec ce disque bien dans la mouvance Rock Psyché énervé et crado ! Mais le Roi Gésier est encore plus dingue que ces deux artistes/groupes sus cités ! Oui, ils sont complètement cinglés et extrêmement prolifiques (6 albums en 2022 (d'ailleurs ils m'ont perdu !), 25 albums en 13 années d'existence, sans compter les nombreux live...). Et ils sont capables de jouer n'importe quelle musique (Garage Rock, Folk, Funky, Dub... jusqu'au Metal le plus extrême (écoutez le dernier disque avec un superbe dragon dessus, c'est une énorme bombe !).

Lorsque j'ai appris qu'ils allaient faire plusieurs dates en France cet été, je me suis direct dit qu'il fallait que j'aille voir ce phénomène sur scène ! Le plus près c'est la Rochelle ? Pas de soucis, je retournerais à la Sirène où j'ai toujours l'excellent concert de Wilco en souvenir ! Nous voici à la fin de l'été, mon pote Steph Grandes Z'oreilles qui devait m'accompagner est souffrant, c'est Micka Hell qui enthousiaste prendra sa place !

The Big Idea 

Cette salle est superbe et ce vieux bâtiment portuaire en impose ! Nous arrivons et ce sont les locaux, The Big Idea, qui jouent sur la petite scène du bar ! Un genre de Rock Noise bien entraînant joué à 6 musiciens et jusqu'à 4 guitares ! Très bon ! 

The Prize 

Après cette belle mise en jambe, nous nous dirigeons en haut dans la salle principale ! Les australiens The Prize nous servent un Punk Pop à la Ramones et à 3 guitares ! La batteuse chanteuse envoie fort et le groupe vire bien Rock And Roll ! Prestation plaisante et qui met bien dans le bain pour la suite ! Le son est excellent malgré ce plafond extrêmement haut, cela promet !

C'est un voyage que nous propose le groupe pendant près de 2 heures. En piochant dans leurs albums et dans les styles sans quasiment jamais s'arrêter ! Et ça c'est très bluffant : comment, en mettant autant d'intensité, d'entrain, d'énergie, arrivent-ils à tenir comme ça dans la durée ! Je pense au batteur qui bascule du Blues au Funk, en passant par le Rock et l'Electro et qui finit le set avec l'artillerie lourde et la double grosse caisse ! La prestation est immense !

Ils ont démarré par Iron Lung, de l'album Ice, Death, Planets, Lungs, Mushrooms and Lava, qui m'est complètement passé à côté mais qu'il me doit de réévaluer ! Le titre parfait pour commencer à la cool, qui donne le temps de se mettre doucement dans le trip, avec un tempo Afrobeat/Jazz suave ! Et c'est parti pour une cinquantaine de minutes ou ils ne s'arrêteront jamais, passant par le Blues, le Boogie, le plus Folk The River en version très longue ! Géant !

Le bouillonnant Stu Mackenzie (avec sa salopette courte et torse nu il ressemble à Angus Young jeune !) passe de la guitare aux claviers, sort sa flûte traversière ou sa guitare microtonale, un spectacle à lui tout seul. Mais les autres ne sont pas en reste ! Ce qui pouvaient ressembler au chaos il y a quelques années est devenu un bordel très organisé ! On pourrait penser qu'à mélanger les styles, les instruments, les ambiances le groupe allait se perdre ! Ici, rien de tout cela ! C'est fluide et le temps passe à une sacrée vitesse ! Après un trip Electro toujours très cohérent et organique, le concert se termine avec trois extraits enchaîné du génial Polygondwanaland (Inner Cell, Loyalty, Horology) et un Dragon d'une dizaine de minutes très puissant et violent ! Pas de rappel ! Pas besoin ! Le public (la foire à la coupe mulet et à la moustache) est repu (quand je pense que certains ont pogoté sur des plans Jazz...) et satisfait de ce concert incroyable !

Ce groupe est tout simplement génial ! Il joue une musique totale, un trip intégral et immersif ! Les mecs jouaient le lendemain à Lille et ont fait une setlist entièrement différente (d'ailleurs j'aurais bien aimé entendre The Dripping Tap à la Rochelle !). Je n'ai qu'une envie à la sortie de la salle, c'est de les revoir !

À bientôt les Lézardes et les Sorciers de la musique Psyché !

Arno



samedi 5 août 2023

Porcupine Tree, Palais Nikaïa

... Le 2 août 2023, Nice 


Alors, pour revenir sur le pourquoi du comment je me retrouve à aller voir Porcupine Tree à Nice en plein mois d'août et en vacances de surcroît, je vous dois quelques explications ! J'ai eu sur Facebook une pub qui me rappelait les dates de tournée en France du groupe avec une belle date barrée/complète au Hellfest, dont je vous ai déjà relaté l'excellence il y a quelques semaines ! Mais une autre date me tape direct dans l'œil : Palais Nikaïa, le 2 août ! Je suis de suite titillé et j'en parle à ma femme dans la foulée ! Il a fallu faire force de persuasion, dire que l'on était pas loin... que les enfants, qui s'en moquent comme de l'an 40, pourront rester seuls au logement... qu'il ne faut pas louper une telle opportunité... qu'elle va prendre beaucoup de plaisir, elle qui adore Steven Wilson en solo... Je prends les places le matin même en fosse pour être au plus près de l'action, comme d'habitude ! Nous sommes sur site un quart d'heure avant le début du concert ! Les niçois on l'air d'arriver au dernier moment ! C'est parfait, nous sommes à 3m de la barrière, pile entre Steven et Gavin ! 


Oui, comme au Hellfest, le groupe, à juste titre, ne désire pas de portables intempestifs durant sa représentation (de façon extrême à Clisson car ils avaient carrément interdit l'utilisation des écrans géants, rendant les show moins accessibles pour les néophytes de Porcupine !). Il paraît, de sources sûres que le blocage vient de Gavin (qui ne doit pas aimer l'un de ses profiles) ! Les clichés qui suivent, je tiens à le préciser, ont été pris à la seconde partie du set au rappel, Richard nous invitant à allumer nos torches pendant Collapse the Light Into Earth.

La tension monte doucement, avec cette note de violon qui s'intensifie et le message sur grand écran, qui nous dit que le groupe veut que l'on respecte une soirée sans téléphones, qui disparaît tranquillement ! Le groupe prend possession de la scène et Blackest Eyes nous bouscule et nous émerveille de suite ! La quintessence du groupe est résumé dans ce titre, entre puissance et grâce ! Le son est excellent (je n'ai pas de bouchons, pour cause je ne savais pas que j'assisterai à ce show, mais le son est parfait !). Les projections sur grand sont très immersives et Steven enfile rapidement son costume de maître de cérémonie ! C'est lui qui parle, qui invective le public, qui installe cette ambiance de communion avec le public ! A noter que l'album In Absentia sera représenté quatre fois ce soir ! Le plus derrière le dernier album !


Première surprise, les gars ne sont plus que 4 sur scène, n'ayant pas suivi que Nate Navarro, bassiste de cette tournée, avait dû retourner aux US pour urgence familiale, quelques jours après Clisson ! Ce sera donc, comme nous le dit Steven, de façon humoristique et complètement assumée, un incroyable bassiste invisible qui assurera ce soir ! Dit comme ceci, cela pourrait être gênant mais il n'en sera rien durant tout le show, ces quatre phénomènes assurant comme des diables avec leurs instruments !

Le dernier album, Closure/Continuation, sera mis en avant à juste titre durant cette soirée ! En effet, ce disque que je n'ai pas assez écouté est une sublime réussite et ses titres ont tout des classiques du groupe ! De la ballade hymnèsque (Of the New Day) au titres plus musclés (Harridan, Herd Culling...) Ce dernier album en sort grandi ! 

Gavin est une véritable machine, qui, lorsque l'on le regarde et que l'on se laisse happer par ses rythmes démoniaques, est complètement hypnotique ! Steven est au four et au moulin, mettant l'ambiance avec le public, prenant la parole entre certains titres (il a d'ailleurs parlé du Hellfest, car il a vu une fille au premier rang avec un t-shirt du festival, évoquant le côté trop Metal du festival (une boutade) et qu'il y avait beaucoup de monde durant leur set... mais qui attendaient tous Iron Maiden !), jouant avec ses multiples guitares en rythmique et en solo, passant deux fois aussi derrière les claviers et haranguant la foule de chaque côté de la scène ! Richard, maître des claviers et des sons, fait le liant entre tous avec une visible décontraction ! Enfin, il y a Randy McStine qui assure les guitares lead et rythmiques avec Steven et qui gère comme un chef aux chœurs.  Une énorme plus value pour les trois piliers ! 

J'ai (nous avons) encore eu le droit à un Anesthetize d'anthologie faisant monter la pression d'un cran durant le second acte du show, pression qui ne retombera pas avant le rappel puisque est enchaîné I Drive The Hearse (The Incident) au génial Sleep Together ! L'apothéose ! Au rappel, c'est seulement Steven et Richard qui nous font don d'une petite douceur aux claviers (Collapse the Light Into Earth). Un moment chargé d'émotions et très apprécié des connaisseurs nombreux ce soir à Nice. 

Le groupe entier reprend forme pour le dantesque Halo (Deadwing) et c'est une explosion de plaisir ! Steven prend un dernière fois la parole pour nous dire qu'ils ne sont pas un groupe de hits et qu'ils appréciaient de nous voir ici devant eux, qu'ils pouvaient faire n'importe quel fucking titre mais que l'on serait quand même là, présents pour les voir quoiqu'ils décident de jouer ! Alors, pas de hits Porcupine Tree ? Trains peut aisément s'en approcher (tout comme The Sound of Muzak avec son refrain repris en chœur par l'ensemble de l'assistance, un peu plus tôt dans la soirée) et c'est avec celui-ci que le groupe va terminer le spectacle doucement et avec panache ! Il y a des moments où l'on a l'impression de vivre un moment unique et cette soirée en fait assurément partie ! 


Setlist du concert : https://www.setlist.fm/setlist/porcupine-tree/2023/palais-nikaia-nice-france-53a42fe5.html

À bientôt les amatrices et amateurs de bon son !

Arno


Deux dates de cette tournée auxquelles j'ai pu assister! La classe !